Former les architectes au développement durable pour préparer l'architecture de demain Construire durable, en maîtrisant les aspects techniques et environnementaux des bâtiments, mais aussi les aspects économiques, sociaux et culturels, est une nécessité qui ne pourra se faire jour que si les bâtisseurs de demain possèdent cette maîtrise. La formation est donc un élément essentiel de la politique de développement durable que doit mener notre pays. Les architectes ont pris conscience de cette donnée. Ainsi l'Ordre des architectes a-t-il annoncé que la formation continue des professionnels deviendrait obligatoire dès 2008 et a pris l'engagement d'accompagner la formation des jeunes architectes, lors de leur période d'habilitation à l'exercice de la maîtrise d'oeuvre.
En ce qui concerne plus particulièrement le développement durable, il participe financièrement au soutien de cycles longs de formation au développement durable dans plusieurs régions depuis déjà quatre ans. Il participe enfin à la sensibilisation de différents publics à la qualité architecturale et environnementale au travers des actions culturelles (rencontres, débats, expositions, etc.) organisée par les Maisons de l'architecture. Mais afin de franchir une étape supplémentaire, il faut faire un effort renforcé dans le cursus proposé par les écoles d'architecture formant les futurs diplômés. L'enseignement de l'architecture est malheureusement le parent pauvre de l'enseignement supérieur, avec des dépenses par étudiant nettement inférieures à celles consacrées pour des ingénieurs. Il est donc nécessaire que l'Etat réévalue les crédits qui lui sont alloués. L'urgence qu'il y a à approfondir l'apprentissage au développement durable des futurs professionnels en est une justification supplémentaire et incontournable.
En outre l'Ordre soutient l'initiative des enseignants des écoles d'architecture qui, l'année dernière, ont lancé un « appel » pour l'enseignement « de l'architecture et l'urbanisme à l'ère du développement durable ». Il a relayé auprès des groupes de travail préparatoires au Grenelle de l'environnement les propositions de cet appel : Tous les enseignements théoriques ou appliqués qui concourent à la formation à l'architecture, à l'urbanisme et au paysage doivent intégrer, selon des modalités qui leurs sont propres, les principes d'un développement durable et équitable.
Les thèmes liés à la qualité environnementale doivent être abordés dans tous les cycles de la formation initiale (Licence, Master, Doctorat) et de la formation continue.
- Les étudiants doivent tous avoir fait dans leur cursus au moins un projet intégrant une démarche environnementale par cycle d'études.
- Des enseignements spécifiques doivent être conduits pour approfondir les diverses questions soulevées : principes bioclimatiques, urbanisme durable, éco-techniques, impacts sanitaires du bâtiment etc.
- La recherche autour de cette problématique doit être amplifiée pour construire de nouvelles connaissances et fonder de nouvelles compétences.
Le rapprochement entre les connaissances scientifiques, techniques et culturelles doit servir de base à une nouvelle éthique, fondement d'une pédagogie conforme aux objectifs d'un développement durable et équitable. »
Enseigner l’architecture et l’urbanisme à l’ère du développement durable Enjeu majeur du 21ème siècle, la mise en place d’un développement durable et équitable implique une remise en cause profonde des pratiques politiques et sociales et des choix culturels, économiques et techniques.
La démarche environnementale est la réponse participative du monde du bâtiment et de l’urbanisme à ce défi. Elle induit de nouvelles attitudes, méthodes et solutions pour fabriquer la ville et créer l’environnement de l’homme. Pour permettre aux concepteurs de s’insérer dans cette dynamique, une approche responsable invite les professionnels (architectes, urbanistes, paysagistes, ingénieurs, entreprises, industriels) à ne pas rester dans une attitude frileuse, mais à repenser les savoirs liés à leur discipline.
Enseigner aujourd’hui l’architecture et l’urbanisme, c’est prendre parti dans ce vaste enjeu et mettre en œuvre des dispositifs pédagogiques adaptés. Aucun argument ne peut justifier un silence face à ces problèmes. Aucune spécificité ne peut être revendiquée pour ignorer les questions posées. Aucune priorité ne doit servir de prétexte à reporter les réponses attendues.
Toutes les ressources doivent être mobilisées. Les sujets à aborder sont vastes. Les modèles didactiques sont potentiellement nombreux. Les réponses doivent être inventives et généreuses. Toutes sont légitimes si elles permettent une réinterprétation critique des savoirs et des savoir-faire existants. Toutes sont dignes d’intérêt si elles encouragent le partage de connaissances et la mise en commun de compétences.
Pour assumer notre responsabilité face à l’avenir des hommes, des cités et de la planète, nous appelons tous les professionnels engagés dans la formation des futurs architectes (enseignants, chercheurs et autres « sachants »), ainsi que toutes les instances qui participent à cet enseignement, à soutenir et à mettre en œuvre les propositions suivantes :
1- Tous les enseignements théoriques ou appliqués qui concourent à la formation à l’architecture, à l’urbanisme et au paysage doivent intégrer, selon des modalités qui leurs sont propres, les principes d’un développement durable et équitable.
2- Les thèmes liés à la qualité environnementale doivent être abordés dans tous les cycles de la formation initiale (Licence, Master, Doctorat) et de la formation continue.
3- Les étudiants doivent tous avoir fait dans leur cursus au moins un projet intégrant une démarche environnementale par cycle d’études.
4- Des enseignements spécifiques doivent être conduits pour approfondir les diverses questions soulevées : principes bioclimatiques, urbanisme durable, éco-techniques, impacts sanitaires du bâtiment etc.
5- La recherche autour de cette problématique doit être amplifiée pour construire de nouvelles connaissances et fonder de nouvelles compétences.
6- Le rapprochement entre les connaissances scientifiques, techniques et culturelles doit servir de base à une nouvelle éthique, fondement d’une pédagogie conforme aux objectifs d’un développement durable et équitable.