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: Ajouté le 10/7/2008 à 04:00
Le guide de la maison propre
On se sent souvent soulagé une fois franchi le pas de la porte dentrée. Loin du bruit, de lagitation et de la pollution qui rendent parfois notre quotidien si désagréable. Pourtant, nos maisons nont rien du petit nid douillet que lon imagine. Bien au contraire.
Une étude récente de lObservatoire de la Qualité de lAir Intérieur a expertisé 567 logements, représentatifs du parc français. Les résultats quelle livre sont effrayants. 1/3 des foyers présente un taux de pollution élevé. Matériaux disolation, bois, moquettes, teintures, produits ménagers, cosmétiques
les polluants se retrouvent dans quantité dendroits de nos maisons. Même le sol sous nos pieds peut être toxique. Prises séparément ces substances nont, pour la plupart des personnes, rien de dangereux. Mais accumulées et combinées, elles deviennent de véritables poisons.
Les maladies respiratoires comme lasthme, les allergies ou les cancers, se sont multipliés ces dernières années. Des personnes sont même devenues « hypersensibles chimiques ». Si la responsabilité de certains polluants toxiques dans ces affections est clairement établie, la réglementation tarde à simposer. Des chercheurs comme André Cicolella et dautres, se battent pour que les pouvoirs publics semparent du problème.
Mais laffaire nest pas simple, comme nous lexplique Fabien Squinazi, directeur du Laboratoire dHygiène de la Ville de Paris Dabord parce quil nexiste pas de valeur seuil sur la toxicité des polluants pour imposer une réglementation. LAfsset, lorganisme chargé de la prévention des risques sanitaires liés à lenvironnement, travaille actuellement sur le sujet. Et même si une réglementation existait, elle ne protégerait pas forcément les consommateurs. Car les produits ne renferment en général que de faibles doses de substances toxiques. Ce qui est dangereux, cest laccumulation de ces produits. Mieux vaut donc, comme le recommande le docteur Squinazi, « consommer moins mais consommer mieux ». Si vous ne savez pas par où commencer, alors suivez ce petit guide « de la maison propre », préparé par nos soins.
Règle n°1 : Définissez vos priorités sommaire
Avant de retourner votre maison de fond en comble, demandez-vous dabord quel est lintérêt de votre démarche. Etes-vous réellement malade ou bien simplement intéresser par le sujet ? Cette question est importante car, selon votre situation, vos priorités pourront être sensiblement différentes.
Cette première partie sadresse plus particulièrement aux personnes souffrantes. Si vous ressentez chez vous des affections que vous navez pas ailleurs, le mieux à faire est dabord de consulter un médecin. Il pourra déjà poser un premier diagnostic et, en fonction des renseignements que vous lui apporterez, demander si besoin des analyses plus précises. Il est possible par exemple de faire expertiser lair dun logement mais sans cet « aiguillon médical », lentreprise devient vite un casse tête. Imaginez quil existe dans une maison plus dun millier de polluants. Et que tous sont suceptibles dêtre responsables de vos maux voire ne pas y être liés du tout. Les polluants toxiques sont, en plus, difficiles à mesurer. Car, à la différence dautres allergènes bien connus comme les acariens ou les poils danimaux, ils sont très volatils et très dispersés. Bon à savoir : sur ordonnance médicale, certaines collectivités vous remboursent les tests. Lassociation SOSMCS, qui défend les personnes atteintes de troubles chimiques, pourra vous renseigner.
Règle n°2 : Ouvrez vos fenêtres
Le recours a des tests ne doit donc se faire quen cas dobligation, pour des personnes malades ou des situations à risque comme sur certains sites industriels. Pour le reste, quelques gestes élémentaires de conduite suffiront à vous assurer une qualité dair satisfaisante.
Dabord, bien aérer son logement. Les constructions actuelles sont mieux isolées que ne létaient leurs ancêtres. Une tendance encouragée par les 2 chocs pétroliers et la nécessité de réaliser des économies dénergies. Mais à vouloir calfeutrer nos maisons à lexcès, nous avons fini par en faire de véritables bunkers, totalement hermétiques. Emprisonnés entre quatre murs, les polluants saccumulent, se mélangent et empoisonnent nos logements. Pour éviter de baigner dans un air trop pollué, pensez donc en premier lieu à ouvrir vos fenêtres, de préférence le matin quand latmosphère est encore fraîche. Cinq minutes suffisent à renouveler complètement lair dune pièce. En hiver, la tâche est plus rebutante mais pourtant, plus que jamais nécessaire. Car notre tendance naturelle à vouloir surchauffer nos maisons quand il fait froid augmente lhumidité intérieure ce qui ravive leffet de certains polluants. Pour vous donner du courage, enfilez un bon pull et noubliez pas de fermer les portes derrière vous pour éviter les courants dair.
Autre conseil pratique, lorsque vous faites le ménage ou une activité qui nécessite lutilisation de produits toxiques. Veillez à bien aérer la pièce dans laquelle vous êtes. Cela permet de diminuer sensiblement leffet des polluants.
Règle n° 3 : Contrôlez votre système daération
Laération naturelle devient problématique lorsque lon habite en ville où lair extérieur est lui aussi pollué. Limportant dans ce cas est davoir un dispositif dévacuation dair en bon état de marche. Pour vérifier si lair circule bien dans vos bouches daération, mettez un mouchoir devant lentrée du conduit. Sil est aspiré vers la bouche, votre système fonctionne. Sinon, demandez à votre installateur une vérification.
Une simple sortie dair permet de diminuer en partie les polluants mais ne les élimine pas totalement. Pour vous assurer une ventilation optimale, optez pour des systèmes automatisés. Les fameuses VMC pour Ventilation Mécanique Contrôlée. Elles aspirent lair vicié de nos maisons et le rejettent à lextérieur. Des modèles existent en simple ou double flux. Les second, plus coûteux, ont lavantage de récupérer la châleure aspirée et de la redistribuer dans la maison ce qui évite des surconsommations de chauffage.
Règle n°4 : Purifiez lair de vos pièces
Vous trouverez dans le commerce tout un tas de gadgets pour purifier lair de la maison. Plantes, ionisateurs, purificateurs dair,
Attention, tous ne sont pas forcément de bonnes affaires ! Pour éviter des achats malencontreux, suivez ces quelques conseils.
Les plantes : Cest a priori le moyen le plus efficace pour dépolluer lair de nos maisons. Pour lanecdote, cest un chercheur de la NASA, un dénommé Bill Wolverton qui, dans les années 80, sest le premier intéressé aux vertus purifiantes des plantes afin daméliorer lair des vaisseaux spatiaux américains ! Ces expériences ont montré que certaines espèces pouvaient absorber jusquà 90% de polluants comme le formaldhéyde ou le benzène. Si des études complémentaires, effectuées en situation réelle, ont par la suite minimisé ces estimations, elles nen demeurent pas moins plus que positives. Seul inconvénient : les plantes dégagent de la vapeur deau. Mieux vaut donc éviter de les placer dans des pièces humides comme la salle de bain ou la cuisine. Vous trouverez sur le lien suivant une liste indicative de plantes efficaces pour traiter tous types de polluants :http:// www.chuzeville.com
Les ionisateurs : En théorie, lidée est plutôt bonne. En augmentant le taux dions négatifs dans lair, il est possible de diminuer sensiblement la teneur en particules de certains polluants ou agents pathogènes. Mais dans les faits, les résultats sont nettement moins probants. Les études scientifiques nont pour linstant apporté aucune preuve dun quelconque bénéfice des petits appareils vendus dans le commerce. Pire, certains peuvent même émettre de lozone, un polluant atmosphérique. Renseignez-vous auprès de votre vendeur. Les ionisateurs produisent en plus un champ magnétique qui peut aller jusquà 1 mètre 50 de distance. Si vous en avez chez vous, évitez donc de les poser près de votre lit !
Restent enfin les purificateurs dair. Vous trouverez en magasin différents systèmes ; chacun ayant ses propres particularités. Les filtres au charbon actif, par exemple, agissent sur les odeurs et les COV (Composés Organiques Volatiles) alors que les filtres HEPA (en fibre de verre) combattent plutôt les particules. Si lachat dun appareil vous paraît nécessaire, préférez les systèmes combinés qui auront une action plus large. A moins que vous ne vouliez traiter une source de pollution particulière, auquel cas un seul type de filtrage suffira.
Toutes les méthodes évoquées ci-dessus permettent de se prémunir contre les effets des polluants mais néliminent pas les polluants pour autant ! Si nos maisons nétaient pas remplies de substances chimiques, nous ny penserions même pas. Car cest bien là lorigine du problème : Comment réussir à se débarrasser de tous les produits toxiques qui nous entourrent et que nous utilisons presque mécaniquement sans forcément nous soucier des dangers quils représentent ? La tâche nest pas simple mais en ciblant quelques sources particulièrement polluantes, vous arriverez à de bons résultats.
Règle n° 5 : Préférez les matériaux naturels
Il nexiste aucun matériau qui soit complètement propre. Tout produit, quel quil soit, émet naturellement des polluants. Dailleurs, ce nest pas forcément le matériau en lui-même qui est nocif mais souvent les traitements quil a subit. Lexemple du bois est à ce titre particulièrement révélateur. Le bois est à lorigine un matériau tout ce qui a de plus naturel. Mais pour empêcher quil ne se détériore ou ne « travaille » avec le temps, nous le bardons denduits. Insecticides, fongicides, peintures, lasures, vernis,
Résultat : il devient très toxique. Cette règle est valable pour nimporte quel produit. Pour faire simple : moins cest transformé, moins ça pollue. Si vous construisez ou rénovez votre logement, les idées qui suivent pourraient vous intéresser.
Les murs Ils ont une double incidence sur la qualité de lair intérieur. Car ils sont à la fois émetteurs de polluants ; à des niveaux plus ou moins élevés selon leur composition, et récepteurs de poluants. Certains matériaux sont en effet plus perméables que dautres et, pour prendre une expression imagée, permettent à la maison de mieux « respirer ».
Au regard de ces deux critères, le monomur de terre cuite semble aujourdhui le matériau le plus intéressant. Il est naturel, très perméable mais aussi, car ce nest pas contradictoire, un bon isolant thermique. Le bois peut également savèrer un choix judicieux, à condition quil ne soit pas « traité ». Pour cela, préférez des essences résistantes et produites localement comme le chêne, le chataîgner, le red cedar, le pin douglas ou le mélèze.
Si ces deux techniques sont à ce jour les plus abordables, dautres, encore insuffisamment connues des constructeurs, pourraient bientôt sétendre sur le marché comme la paille, la chaux ou même le papier.
Les isolants Bien isoler sa maison est devenu indispensable compte tenu du prix de lénergie. Mais les techniques traditionnelles, celles qui sont le plus couramment utilisées, sont malheureusement les plus nocives. Outre les matériaux aujourdhui interdits comme lamiante ou les mousses urée-formol, largement employées dans les années 60-70, des isolants plus communs et moins toxiques peuvent aussi se révéler à lusage être des produits dangereux. La laine de verre ou de roche, par exemple, rejettent des particules suspectées dêtre cancérogènes. Qui plus est lorsquelles sont mal contenues !
Des matériaux de sustitution existent pourtant. Au banc des bonnes découvertes figurent notamment le chanvre, le lin ou le liège. Tous trois sont de bons isolants thermiques et phoniques et sadaptent à tous les usages (pose en plaques ou en vrac). A découvrir aussi, des techniques moins répandues comme la laine de cellulose (papier de journaux broyé), largile ou la fibre de bois.
Les peintures et revêtements Avant de repeindre une chambre, de poser du papier peint, une moquette ou un parquet, regardez attentivement la composition des produits que vous achetez. Vous serez certainement surpris de voir ce quils cachent.
Les moquettes, quelles soient synthétiques ou en laine, sont certainement les plus dangereux. Traitées contre toute sorte de risques (le feu, les acariens, les moisissures, les bactéries, les taches), elles dégagent quantité de polluants aux noms incompréhensibles mais aux effets bien réels : irritations des yeux, de la peau, maux de tête. Elles sont, en plus, plutôt compliquées à entretenir. A éviter donc.
Si vous cherchez des revêtements plus propres, essayez les minéraux naturels comme la terre cuite ou le grès ou même, plus exotiques, les fibres de coco ou de sisal. Sils sont en bois massifs et non collés, les parquets peuvent aussi convenir.
Pour les peintures à lhuile ou à leau, les risques sont tout aussi importants. Mélanges de solvants, de liants, de pigments, et de divers additifs (conservateurs, plastifiants, agents anti-UV), elles sont suceptibles démettre des polluants pendant des mois voire des années après leur application. Les peintures à leau, qui pourtant ne dégagent aucune odeur, se révèlent à long terme plus nocives que les autres à cause des éthers de glycol quelles contiennent et qui sévaporent très lentement.
Des produits entièrement naturels, dorigine minérale (ocre, craie, terre de sienne), animale (cire dabeille, gomme-laque) ou végétale (huiles de lin, huiles essentielles, gomme arabique) sont vendus dans certains magasins. Faute de mieux, utilisez des peintures certifiées NF environnement.
Règle n°6 : Redécouvrez les recettes de grand-mère
Nos ancêtres avaient le goût des choses simples. Assurément. Ils connaissaient les propriétés naturelles des produits. Un tel pour se parfumer, un tel pour faire la lessive, un tel pour laver le sol ou récurer un évier. Et savaient les employer à bon escient.
Le développement de la chimie a bouleversé ces pratiques. Les substances de synthèse ont remplacé les produits naturels. Et les polluants biologiques (poils danimaux, acariens, moisissures), qui fourmillaient autrefois dans les maisons, sont devenus chimiques.
Mais les craintes récentes émises par les scientifiques au sujet de certaines polluants comme le formaldhéyde ou les éthers de glycol, présents dans de nombreux produits dutilité courante, marquent peut-être un tournant ou plutôt un retour vers des pratiques plus saines. Si tel est votre cas, ces méthodes, ressorties des cahiers de grand mère, vous sauront certainement dune aide précieuse.
Pour le ménage
Nos activités ménagères nous exposent à de nombreux produits toxiques que lon manipule souvent sans protection. Pour vous éviter de malencontreuses surprises, voici une liste indicative de produits 100% naturels dont lefficacité est reconnue de longue date.
Le vinaigre blanc : Puissant détartrant, il vous aidera à récurer vos éviers et lavabos mais peut aussi servir pour les surfaces vitrées, les métaux ou les tâches dhumidité. Le jus de citron. Avec des propriétés proches de celle du vinaigre blanc, il est très utile pour dégraisser. Le savon noir : Produit de netttoyage classique pour les carrelages, il nettoie aussi les taches de cambouis,
Les cristaux de soude : Ils sutilisent indifféremment pour rattraper des casseroles attachées, nettoyer les sols ou lessiver les murs. Attention, à ne pas le confondre avec la soude caustique, très toxique. Le bicarbonate de soude : Il servira à nettoyer les endroits en contact avec des prouidts alimentaires comme les frigo, les plans de travail ou les éviers. Versé avec de leau bouillante, il peut aussi déboucher vos canalisations . En plus, il est désodorisant. Le borax : Utilisé à lorigine comme produit de traitement du bois, cest également un détergent, un désinfectant et un agent de blanchiment particulièrement efficace contre les moisissures. Mélangé à quantité égale avec du bicarbonate de soude, il remplacera la poudre habituelle de votre lave-vaisselle. Pour lhygiène et les soins corporels
De nombreux produits de beauté (crèmes, lotions, shampoings, teintures pour les cheveux, parfums, dissolvants de vernis à ongle) contiennent du formaldhéyde, un agent stabilisateur qui permet dallonger leur durée defficacité. Cette substance est un puissant cancérigène reconnue par lOMS (Organisation Mondiale de la Santé). Un conseil donc : éviter tant que possible les produits bas de gamme qui en contiennent davantage, qui plus est sils sont sous forme de bombes aérosols car elles laissent des particules toxiques en suspension dans lair.
Côté achat, préférez là encore les produits les plus naturels : les pains de savon naturels comme le savon de Marseille par exemple. Et pour découvrir tous les secrets dune beauté 100% naturelle, consultez le site : http://www.nature-elle.info
Pour les activités du dimanche
Jardinage ou bricolage ? Quel que soit votre passe temps du week-end, limitez au maximum le contact avec les produits chimiques. Solvants, peintures, colles et détergents pour les uns, pesticides, engrais et fongicides, pour les autres.
Pour les afionados du jardin, rendez-vous sur le site « Le jardin au naturel» ( http://jardihaie.free.fr/potager/potager.htm ), qui vous sera de très bon conseil. Côté bricolage, les infos sont plus difficles à trouver. Le mieux est de sen remettre, comme pour les matériaux de construction, à la norme NF qui garantit une moindre toxicité des produits.
Dautres activités, que nous navons pas développé dans ce dossier car trop spécifiques, peuvent aussi savérer dangereuses. Au premier desquelles, le tabagisme. Le débat sur les ondes életromagnétiques des appareils électroniques fera quant à lui lobjet dun dossier spécial sur NaturaVox.
CONCLUSION
« La pollution que nous supportons est dabord celle que nous créons ». Cette phrase du docteur Squinazi résume à elle seule tout le paradoxe du problème, simple et extrêmement complexe à la fois. Simple car il suffirait finalement de ne plus polluer pour ne pas avoir à se soucier de notre environnement. Mais complexe, lorsque lon envisage tous les éléments du système. Un système que nous ne pouvons dailleurs pas maîtriser totalement. Choisissons-nous par exemple dhabiter près dune voie dautoroute ou dun site industriel ? Evidemment, non. Mais si nous choisissions de ne plus prendre notre voiture ou de ne plus acheter de produits chimiques, lautoroute ou le site industriel en question aurait-il une raison dêtre ? Le propos est simpliste mais révélateur dun mode de pensée dans lequel nous nous sommes enfermés. Libre à chacun de sen affranchir.
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